Méthodologie
Objectifs
L’objectif de l’Agence de notation des villes peut se décliner selon les 3 volets suivants :
- Constituer un document objectif de présentation de la ville (en réalité de l’agglomération) de façon à ce que les personnes qui envisagent de venir s’y installer ou y travailler, qui projettent d’y investir des capitaux ou d’y installer une entreprise aient la plus juste vision de ce territoire, de ses points forts ou faibles et de son avenir.
- Présenter une analyse comparative de l’agglomération avec des territoires similaires de l’hexagone : cet exercice doit permettre aux responsables de la Communauté d’agglomération ou de la Communauté urbaine de mieux apprécier son avance ou son retard et donc de déterminer, de façon plus rationnelle, ce que sont leurs priorités réelles, en termes d’actions à conduire ou d’investissements à privilégier.
- Permettre à l’agglomération de se comparer avec des villes européennes considérées comme représentatives de groupes de villes organisés selon une typologie reconnue, et de s’inspirer de leurs bonnes pratiques pour progresser.
Groupes de référence d’agglomérations
Les agglomérations ont été réparties en différents groupes en fonction de caractéristiques dominantes permettant des comparaisons plus pertinentes entre villes appartenant à un même groupe. La typologie retenue est directement calquée sur les typologies adoptées au plan européen. Ainsi, pour les 6 indicateurs du champ économique, le positionnement de l’agglomération évaluée est comparé à la moyenne de son propre groupe, mais également à celui de la moyenne de l’ensemble des agglomérations, ainsi qu’à tout groupe de référence auquel on peut souhaiter comparer l’agglomération, les agglomérations ayant souvent des caractéristiques qui les rapprochent de plusieurs autres groupes. Nous avons distingué en particulier les groupes suivants :
- Métropoles régionales à fort rayonnement international
- Capitales régionales universitaire à rayonnement international limité
- Grandes villes à structure d'activités diversifiée
- Grandes villes portuaires à rayonnement international limité
- Grandes villes à vocation principale industrielle
(le mot « ville » est employé pour simplifier, il s’agit en réalité de Communautés d’agglomération)
Choix du territoire sur lequel on travaille
On a choisi la Communauté d’agglomération ou la Communauté urbaine, territoire à la fois pertinent et doté d’une personnalité politique, mais on s’efforcera d’apprécier ce que pèse, en termes d’emploi et de population, l’agglomération par rapport aux 2 autres entités que nous aurions pu étudier : la ville-centre et surtout l’aire urbaine, et les migrations que cela entraîne. On note un territoire sur lequel interviennent différents niveaux d’autorités publiques : des municipalités, l’intercommunalité, le Conseil Général, indirectement la Région, et les services de l’Etat, et nos évaluations n’impliquent pas les seuls domaines de responsabilité de notre client, l’intercommunalité, qui peut légitimement dans certains cas faire valoir que d’autre niveaux sont concernés dans la recherche des causes d’une insuffisance ; remarquons également qu’il s’agit d’un niveau où les responsabilités politiques sont fréquemment partagées, ce qui diminue les risques d’exploitation polémique de la notation.
Trois Outils
L’évaluation objective des performances de l’agglomération à partir d’indicateurs souvent quantifiés qui permettent de faire des comparaisons avec les autres agglomérations françaises. Les éléments analysés ont été regroupés selon les douze domaines suivants :
- dynamique urbaine : démographie, emploi/chômage
- développement économique (potentiel et vitalité du tissu économique) : taux d'encadrement, poids des services aux entreprises et à la population, portefeuille d’activités....
- dynamisme commercial : organisation commerciale, dynamisme et qualité de l’appareil commercial de centre-ville, des centres commerciaux de périphérie, des polarités de quartier
- mobilité et accessibilité interne : performances des transports en commun
- accessibilité externe
- gouvernance, leadership, démocratie locale
- cohésion sociale : équipements sociaux, mobilisation des structures et des acteurs, secteur associatif
- vie quotidienne : accès aux services publics, commerces, sécurité
- éducation, sport et culture  : cartographie des établissements scolaires, disciplines universitaires, équipements et offres culturels et sportifs
- environnement : air, bruit, déchets, eau, énergie
- cadre de vie : qualité du patrimoine bâti, esthétique urbaine, habitat/urbanisme, espaces verts, mixité sociale
- finances locales : pression fiscale, dépenses, charge de la dette, capacité de remboursement
Le nombre des indicateurs synthétiques a été limité. Chacun d’entre eux correspond à une représentation des performances de la ville dans un certain domaine. Il est constitué par une combinaison de variables significatives. Les travaux effectués permettent en outre de lier à ces variables d’autres données, dont on sait qu’elles enrichissent la compréhension de l’indicateur et qu’elles contribuent directement à son évolution.
Nous avons privilégié le niveau communautaire dans l’approche de la plupart des domaines : ceux qui peuvent être aisément quantifiés, comme dynamique urbaine, développement économique, dynamisme commercial, mobilité et accessibilité interne, accessibilité externe et fiscalité, mais également ceux qu’il est moins facile de quantifier comme environnement urbain, éducation, sport et culture, cadre de vie : c’est bien à l’échelle de l’agglomération que se dessinent les principales problématiques et perspectives d’évolution. En revanche, il nous est apparu que le terrain municipal ne pouvait pas être négligé pour appréhender le domaine gouvernance, leadership et démocratie locale, mais également les domaines cohésion sociale et vie quotidienne.
- la réalité « objectivée »: par exemple le nombre d’infractions, le niveau de bruit…. Une réalité qui s’exprime par des données chiffrées que l’on peut présenter sous forme de tableaux statistiques
- la réalité perçue : sentiment d’insécurité, gêne occasionnée par le bruit… : il faut l’appréhender par immersion ou par interview.
- l’image : une perception plus globale, plus diffuse que l’on peut cerner par l’analyse de ce qui se dit et s’écrit.
Notre démarche d’analyse s’appuie sur le mise en évidence des écarts les plus sensibles entre ce que l’on mesure et ce qui est perçu, en rapprochant ces écarts de l’existence d’une image parfois dépassée.
- L’analyse du Projet et des projets de l’agglomération pour évaluer l’impact probable qu’ils auront sur la réalité présente de ce territoire : nous procédons, à partir d’une série d’audits et d’interviews auprès d’élus et d’acteurs économiques, à une évaluation des projets engagés par rapport aux objectifs que s’est donnés la ville, des résultats atteints ou prévisibles par rapport aux moyens engagés et aux attentes, avec une analyse des différents risques, et de la cohérence de ces projets par rapport au Projet de l’agglomération s’il en existe et à notre propre diagnostic. On étudie tout particulièrement ce projet d’agglomération, la vision stratégique qui le sous tend, la manière dont il est élaboré et partagé.
- Le benchmarking européen
La mise en évidence des points forts et des points faibles de l’agglomération et la comparaison, ciblée sur ces points, avec ce qui se fait dans d’autres villes d’Europe préalablement choisies parmi des villes qui ont un profil semblable, d’un commun accord avec les responsables de l’Agglomération en fonction des pratiques qu’elles ont su développer dans les domaines ciblés, de façon à donner des repères pour l’action.
Pour cela, la ville notée est d’abord située au sein d’une grille comparative d’un panel de 60 villes européennes de taille comparables (entre 150.000 et 600.000 habitants), selon la dynamique économique et le degré de spécialisation de l’économie, d’une part, selon la capacité d’accueil de l’économie de la connaissance et la performance en matière d’accessibilité, d’autre part.
Une base d’informations relatives aux « bonnes pratiques » de villes européennes a par ailleurs été constituée. Elle concerne environ 70 villes qui ne sont pas forcément les mêmes que celles concernées par la base de données statistiques, pour des questions de disponibilité de l’information. Cela permet de sélectionner les villes européennes sur lesquelles il est le plus utile de travailler dans le contexte de la ville notée.
Représentation des résultats
L’évaluation des performances de l’agglomération dans chaque domaine ou selon chaque indicateur est reflétée par la position d’un curseur sur l’un des 5 degrés d’une échelle, la performance s’améliorant de la gauche à la droite de l’échelle.
Pour chacun des projets qui ont été évalués, on représente sur un cercle comportant 12 plots l’influence du projet sur chacun des 12 indicateurs par une flèche bleue ou rouge selon que l’influence est favorable ou défavorable, courte ou longue selon que l’influence est faible ou forte, continue ou pointillée selon que l’influence est immédiate ou différée.
On met enfin dans une perspective dynamique les performances de l’agglomération sur chacun des douze domaines :
- Pour le passé, une petite flèche dirigée vers le curseur indique si les actions engagées au cours des dernières années ont amené une évolution sensible
- Pour l’avenir, une petite flèche en provenance du curseur indique si les projets vont entraîner une évolution significative